En ce moment dans la matrice - En ce moment dans la matrice - Janvier 2026

Le concept de “now page” a été initié par Derek Sivers en 2015. Ce concept est simple : alors qu’une page “À propos” renseigne des informations générales sur la personne qui entretient le site, la page “En ce moment” apporte des précisions sur ce qui se passe actuellement dans sa vie. Source : encemoment.site

Côté perso

Je vous souhaite mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui marque aussi le lancement de cette nouvelle section du site baptisée "En ce moment dans la matrice".

Concernant cette nouvelle section du site, je dois vous l'avouer : je suis incapable de faire des listes courtes. C'est sans doute beaucoup trop descriptif, je me doute que certains trouveront ça bavard. Mais tant pis, c'est ma manière de partager les choses et je l'assume pleinement.

Pour cette nouvelle année, j'espère sincèrement que 2026 sera plus respirable que 2025. On pourrait rêver d'un monde avec moins d'intelligence artificielle envahissante, une publicité qui nous laisserait enfin tranquilles (je sais, j'ai le droit de rêver), un web qui redeviendrait humain. Ce serait bien aussi d'avoir moins de tarés aux commandes des institutions politiques et des grandes entreprises. Plus de solidarité entre nous, une écologie qui soit vraiment populaire et accessible, des sites web moins lourds qui ne mettent pas trois plombes à charger, et pourquoi pas moins de logiciels propriétaires qui nous enferment.

La liste pourrait continuer longtemps mais vous voyez l'idée.

Côté pro

On ressent une vraie tension dans le milieu professionnel depuis quelques mois maintenant. En fait, si je devais être honnête, je dirais que ça remonte même au premier confinement lié au COVID. Les clients prennent leurs décisions de plus en plus tardivement, au dernier moment. Et le pire, c'est que certains débarquent avec un texte généré par une IA pour vous expliquer votre propre métier. C'est épuisant.

J'arrive à un point de saturation où je vais devoir m'imposer des pauses, c'est devenu nécessaire. Du côté des technologies aussi, tout s'accélère mais pas forcément dans la bonne direction à mon sens. L'évolution n'est pas toujours synonyme de progrès.

Ce qui me plaît vraiment au fond, ce sont les projets où il n'y a pas d'enjeux financiers directs. Les développements qu'on fait en open source par exemple, ou la refonte bénévole d'un site pour une association. Il y a quelque chose de gratifiant à donner de son temps sans qu'une transaction d'argent soit au centre de l'échange. Ça change tout.

Ce que je lis

Je viens de terminer Moi, Omega et il faut que je prépare une petite critique dessus. L'histoire nous plonge dans une dystopie où le créateur du plus grand réseau social mondial (un clin d'œil évident à Zuckerberg et Musk) finit par s'incarner en Christ ressuscité. Rien que ça. Mon avis reste plutôt mitigé sur ce roman. Le début m'a bien accroché, le milieu tenait la route, mais la fin m'a laissé sur ma faim. Dommage parce que la promesse de départ était intéressante.

En ce moment, je suis plongé dans Vallée du Silicium d'Alain Damasio. Ce n'est pas un roman mais plutôt un essai qui raconte son séjour au printemps 2022 dans la Silicon Valley, qu'il rebaptise avec ironie "Vallée du Silicium" dans son titre. J'en suis à peu près au tiers et je dois dire que je prends beaucoup de plaisir à cette lecture. Même si parfois, l'auteur a tendance à s'étendre un peu trop et ça ralentit le rythme. Mais globalement ça reste captivant.

Ce que j'écoute

Musique :

J'ai découvert le dernier album de Robert Plant, l'ancien chanteur de Led Zeppelin, qui s'intitule "Saving Grace". C'est une belle surprise. L'ensemble est doux et réconfortant, le duo avec la chanteuse Suzi Dian apporte vraiment quelque chose en plus, leurs voix se complètent à merveille. L'artiste prouve qu'il n'a rien perdu de sa sensibilité avec les années.

Découvert un peu par hasard grâce à l'album Pleine Lune 1 (j'en parle d'ailleurs dans un petit article ici), je suis complètement subjugué par le rappeur Scylla. Son dernier album "Portes du désert" nous offre un rap vraiment poétique, loin des codes habituels du genre. Ses collaborations avec Furax Barbarossa, que je ne connaissais pas avant, sont remarquables. Mais c'est surtout le morceau "La reine des ombres" qui me touche particulièrement, avec la voix de Jean d'Ormesson en intro et en clôture. À chaque écoute, ça m'émeut. Il y a quelque chose de puissant dans ce choix.

Un ami qui nous a quitté cette année m'avait fait découvrir Love & Hate de Michael Kiwanuka. Il s'est suicidé et maintenant, impossible de dissocier cet album de son souvenir. C'est idiot peut-être, mais quand j'écoute ces morceaux, c'est lui que je vois. "Cold Little Heart" particulièrement me bouleverse à chaque écoute. Repose en paix Christophe.

Podcasts :

Quel plaisir de retrouver Alexia Soyeux et son podcast Présages après quelques mois d'absence. Le dernier épisode remonte à juin 2024, et cette fois elle reçoit Matthieu Adam pour déconstruire le mythe de la ville durable. Un sujet passionnant qu'elle traite avec sa rigueur habituelle.

Dans un autre registre, j'ai aussi écouté l'épisode de Sismique qui aborde la violence sur nos écrans et cette banalisation du mal qui s'installe progressivement. C'est un thème dont je parle un peu plus loin, mais qui mérite vraiment qu'on s'y attarde.

Ce que je regarde

Séries :

Côté séries, l'expérience avec "À l'aube de l'Amérique" s'est avérée décevante. Nous n'avons même pas dépassé le premier épisode avec ma femme. La violence gratuite y est tellement présente qu'elle ne sert finalement aucun propos narratif, ce qui m'a rappelé un épisode récent de Sismique que j'avais partagé sur ce phénomène de normalisation de la violence. L'épisode s'intitulait "Violence sur nos écrans : la banalisation du mal", et elle résonne particulièrement après cette tentative ratée.

Du coup, on s'est rabattus sur la deuxième saison de "House of the Dragon". Le démarrage a été compliqué, je dois l'avouer. Mes souvenirs de la première saison restent flous, peut-être parce qu'elle ne m'avait pas franchement conquis à l'époque. Et là encore, impossible d'échapper à cette violence omniprésente qui finit par banaliser les scènes les plus brutales.

Avec les enfants, c'est une tout autre ambiance. Les Simpsons continuent de tourner en boucle à la maison et nous voilà rendus à la saison 2001. La qualité scénaristique a clairement baissé par rapport aux premières années, c'est indéniable. Mais il y a quand même quelques pépites qui émergent de temps en temps, comme cet épisode où Marge part en croisade contre le sucre et en interdit la vente et la consommation.

Films :

Du côté des films, je suis allé voir Avatar 3 avec les enfants et j'en ressors plutôt mitigé. On a l'impression d'assister à une redite des deux premiers volets. James Cameron semble recycler les mêmes recettes sans apporter de nouveauté.

J'en ai également profité pour montrer à mes enfants l'avatar original des années 90, j'ai nommé Danse avec les loups. Dans sa version longue, qui plus est. Et surprise, ils ont tenu jusqu'au générique de fin alors que le film n'a rien à voir avec le rythme effréné d'Avatar 3. C'est beaucoup plus lent, contemplatif même, avec bien moins de scènes d'action. On y découvre des paysages à couper le souffle, on s'imprègne d'une autre culture et on observe cette relation de domination (toujours d'actualité) entre blancs et indiens qui constitue le cœur du récit. Ils ont apprécié malgré ce tempo différent, ce qui m'a agréablement surpris.

Documentaires :

Parmi tous les documentaires qu'on a regardés ces derniers temps, il y en a un qui nous a particulièrement touchés en famille : High School Radical. Le pitch : un journaliste français retourne en Oklahoma dix ans après y avoir vécu, avec l'envie de comprendre pourquoi ses copains de l'époque votent désormais Trump.

C'est vrai qu'avec notre regard d'Européens, on a du mal à saisir comment les Américains ont pu réélire un personnage pareil : raciste, mythomane et misogyne. Le documentaire ne donne pas toutes les réponses mais il offre des pistes intéressantes. On y voit une Amérique fracturée où le dialogue a complètement disparu entre les camps. Un pays riche matériellement mais d'une tristesse infinie, dévoré par des haines et des passions qui ne mènent nulle part.

Ce que je joue

Jeux vidéos :

Du côté de ma Steam Deck, je suis plongé dans Unmetal, un petit jeu indépendant qui parodie avec brio le premier Metal Gear Solid mais en 2D (et les films d'actions des années 1980/1990). Le problème, c'est que je traîne un peu à le terminer. La faute à une difficulté en mode difficile qui devient franchement pénible vers la fin, ce qui gâche un peu l'expérience (je me fais vieux aussi).

Pour ce qui est de ma tour gaming que j'ai fait passer de Windows 10 à GLF OS, une distribution Linux française dont je parle dans cet article, c'est Days Gone qui monopolise mon temps. Pourtant je ne suis pas particulièrement friand des jeux de zombies d'habitude. Mais celui-ci a quelque chose de différent, une ambiance qui rappelle Red Dead Redemption 2 avec son monde ouvert qui invite à la contemplation. On échange simplement le cheval contre une moto, et ça fonctionne étonnamment bien. Les plus taquins ne manqueront pas de relever ma contradiction avec ce que j'ai écrit sur la violence dans les fictions un peu plus haut. Et oui, je suis truffé de contradictions ! Mais c'est comme ça, on n'est pas des machines après tout.

Côté sessions familiales, on se fait parfois des parties d'Age of Empire 2 Definitive Edition en réseau avec les enfants. Et force est de constater qu'il reste excellent, même après toutes ces années.

Aux échecs :

Mon fils me bat régulièrement maintenant... il a progressé à une vitesse incroyable ! Il parvient même à battre d'autres adultes qui ont un meilleur niveau que votre serviteur, quand il reste bien concentré.

Comme il dit, la roue tourne ! :)

Projets en cours

Je suis en train de préparer un tutoriel complet qui expliquera comment créer un bloc "Foire aux questions" directement dans l'éditeur de Kirby CMS.

Pour accompagner ce tuto, je mettrai à disposition un plugin que vous pourrez installer facilement ou dont vous pourrez consulter le code source si vous préférez comprendre comment ça fonctionne sous le capot.

Apprentissages

Je me suis lancé dans l'exploration de NixOS, ce système d'exploitation déclaratif que j'ai découvert grâce à GLF OS.

L'idée de pouvoir configurer l'intégralité de son système d'exploitation via un simple fichier me séduit pas mal, ça rappelle un peu la philosophie d'Ansible dans l'approche. C'est assez élégant comme approche.

Le seul bémol pour l'instant, c'est que je manque encore de recul pour vraiment juger de sa pertinence sur le long terme.