Quand la peur de la censure sert à vendre des abonnements VPN

Blocage du sopalin

Lecteur de longue date du blog de Korben via son flux RSS, j'apprécie généralement ses contributions à ma veille technologique.

Mais franchement, certains articles me consternent, surtout les contenus sponsorisés où l'objectivité cède place à la promotion commerciale.

Son dernier papier "2025 : La France découvre la censure… et le VPN devient mainstream" cumule les défauts : sensationnalisme, approximations, exagérations et désinformation.

Décortiquons ces approximations :

Dès l'introduction, il compare la France à la Chine en matière de censure web à cause du blocage des sites pornos ? Sérieusement ? Une petite escapade en Chine permettrait de mesurer l'absurdité de cette comparaison. Du pur sensationnalisme...

Ensuite, il se plaint sur l'impossibilité de "faire ses recherches" sur Pornhub tout en balayant d'un revers de main les "débats sans fin sur la protection des mineurs"... Ah, ces débats si ennuyeux !

Petit rappel factuel, mon cher Korben : depuis 1994, exposer un mineur à du porno = 3 ans de prison + 75 000 € d'amende. Bizarre que les plateformes numériques se croient au-dessus de ces lois, non ? (article 227-24 du code pénal)

Le blocage ? C'est Aylo (la boîte derrière Pornhub, YouPorn et Redtube) qui l'a décidé, parce qu'ils ont la flemme d'implémenter la vérification de l'âge (source Next). Mais accuser les plateformes, c'est moins sexy que de brailler contre la "censure d'État".

Au passage, si tu avais pris 5 malheureuses minutes pour creuser le sujet au lieu de pondre ton papier sponsorisé, tu serais tombé sur des études flippantes comme celle de Cairn qui nous apprend que l'âge moyen de première exposition au porno, c'est 11 ans ! Et un môme sur deux en primaire (6-10 ans) en a déjà vu. Mais bon, protéger ces gamins, quelle idée rétrograde ! (source)

D'ailleurs, tant qu'on y est, tu aurais pu dénoncer le business dégueulasse de ces plateformes : déshumanisation des femmes, pub foireuse et arnaqueuses, exploitation des données... Mais non, c'est plus facile de dénoncer sur son impossibilité à "faire ses recherches" ! (enquête du journal Le Monde ou Cash Investigation).

Bon, je clos le chapitre pornographie. Certes, la vérification d'âge pose des questions techniques et éthiques réelles qu'il faut considérer, mais laisser les enfants sans protection reste inacceptable.

Concernant la promesse que les VPN "protègent ta vie privée" relève du marketing trompeur. Ces outils ne sécurisent que le transit des données, sans empêcher le tracking via cookies, fingerprinting ou comptes connectés.

J'aurais préféré une analyse technique rigoureuse des VPN à ce plaidoyer commercial déguisé en alerte citoyenne.

Pour finir sur une note positive : l'abandon de la publicité grâce au financement participatif augure d'une meilleure indépendance éditoriale.. On va croiser les doigts !

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Information : Cet article peut contenir des images générées à l'aide de l'intelligence artificielle.