Le gâteau ne grossit plus

Le 3 janvier 2026, les États-Unis attaquent le Venezuela. Quelques semaines plus tard, ils frappent l'Iran. Entre les deux, Trump a trouvé le temps de menacer le Canada, de lorgner le Groenland et de réclamer le canal de Panama. Beaucoup ont cherché une cohérence là-dedans, idéologique, personnelle, électorale. Arnaud Orin en propose une autre : structurelle.
Son idée centrale est simple à formuler, moins simple à accepter. Le capitalisme n'aurait pas un seul visage mais deux, qui se relaient depuis le 16e siècle. L'un parie sur la croissance du gâteau global, libre-échange, concurrence, tout le monde s'enrichit. L'autre part du principe inverse : le gâteau ne grossit plus, alors autant s'en tailler la plus grosse part avant les autres. Droits de douane, monopoles, routes maritimes militarisées, main basse sur les ressources. Ce second capitalisme, celui de la finitude, ne serait pas une pathologie du premier. Ce serait son jumeau, périodiquement dominant, et nous y serions rentrés.
Venezuela, Iran, demain peut-être Taiwan ou autre chose. Chaque nouvelle offensive s'explique mieux avec cette grille qu'avec les humeurs d'un homme. Ce n'est pas rassurant. Comprendre le mécanisme ne suffit pas à l'arrêter.






