Pervitine, management, négationnisme : le nazisme comme miroir de la modernité

Dans cet entretien avec le journaliste Denis Robert pour Blast, l'historien Johann Chapoutot revient sur un personnage que l'histoire du management préfère oublier.
Reinhard Höhn, général SS reconverti en gourou du management, fondateur d'une école de commerce fréquentée par BMW, Ford et Opel, disait sans détour à ses cadres : avec ma méthode, vous ne serez plus jamais responsables. Cette promesse-là, c'est le fondement du néolibéralisme. Quand un désastre arrive aujourd'hui, on tombe sur une boite vide dans un paradis fiscal. Le nazi avait tout prévu.
L'historien revient aussi sur le négationnisme, dont le programme avait été fixé par les nazis eux-mêmes. Himmler l'écrivait noir sur blanc : c'est une page glorieuse, mais qui ne doit jamais être écrite.
La pervitine, cette méthamphétamine distribuée à des millions de soldats pour maximiser leur rendement, raconte la même histoire que le management par objectif. La performance comme horizon absolu, sans limite, sans reste.
Des catégories forgées dans l'Allemagne des années 30. Le vocabulaire ordinaire du monde du travail aujourd'hui. La distance entre les deux est moins grande qu'on voudrait le croire.
Bon visionnage !






