De la 24.04 à la 26.04 : Ubuntu n'est plus tout à fait le même

OMG Ubuntu
OMG Ubuntu a publié un tour d'horizon complet des changements entre Ubuntu 24.04 et la nouvelle 26.04 LTS, et l'article vaut le détour pour quiconque s'interroge sur l'ampleur du saut.
Avec les versions LTS, on ne passe pas d'une à l'autre comme on change de chemise. Deux ans se sont écoulés, trois versions intermédiaires sont passées entre les deux, et le résultat c'est une accumulation qui touche à peu près tout : les fondations du système, les outils graphiques, les applications par défaut, la façon dont le bureau se comporte. Ubuntu 26.04 ressemble encore à Ubuntu, mais en regardant de plus près, presque tout a bougé.
Le changement le plus structurant reste invisible pour la majorité des utilisateurs. X11 est parti côté GNOME, et c'est définitif. Canonical n'a pas décidé ça tout seul : GNOME a arrêté le support du vieux serveur d'affichage, Ubuntu suit le mouvement. Wayland est la norme depuis 2021, NVIDIA a rejoint le camp depuis l'an dernier, et XWayland continue de faire tourner les applications qui n'ont pas fait leur migration. En pratique le changement ne se voit pas, mais il clôt quelque chose.
Même esprit de modernisation sous le capot avec le passage à Rust pour sudo et les coreutils. Ce sont des remplacements fonctionnels : les commandes restent les mêmes, les anciennes versions restent disponibles pour les cas particuliers, mais les briques de base sont réécrites dans un langage qui gère la mémoire autrement. Un détail pour la plupart, un vrai sujet pour ceux qui maintiennent des scripts ou des workflows spécifiques.
Ce qui change de façon plus visible, c'est l'ensemble des applications installées par défaut. Papers pour les documents, Loupe pour les images, Ptyxis comme terminal, Resources comme moniteur système, Showtime pour la vidéo. Toutes construites sur GTK4 et libadwaita, donc visuellement cohérentes entre elles d'une façon que les anciennes ne l'étaient pas vraiment. Papers en particulier apporte l'annotation, les signatures numériques, des outils de balisage : c'est plus qu'un simple remplacement d'Evince.
Nautilus a reçu pas mal d'attention. Le chargement des dossiers va cinq fois plus vite selon les mesures annoncées, la génération de miniatures aussi. La recherche s'est améliorée, les fichiers coupés affichent une bordure en pointillés pour qu'on sache visuellement ce qui est en attente de déplacement, les fichiers cachés apparaissent légèrement transparents. Des ajustements qui n'ont l'air de rien séparément mais qui, mis bout à bout, changent l'expérience quotidienne.
Côté affichage, HDR et VRR sont enfin disponibles sans passer par le terminal. Le support HDR sur Linux reste partiel côté applications, MPV fait partie des rares à vraiment en tirer parti, mais le fait que ce soit là, accessible dans les réglages, représente un pas en avant. La mise à l'échelle fractionnelle s'affine avec de nouvelles valeurs intermédiaires, et un mode de contrôle pour les applications X11 qui tournent sur XWayland permet de gérer les cas où le rendu devient flou.
APT méritait une mention à part entière. L'outil a enfin un affichage qui donne envie de l'utiliser : colonnes, couleurs, suppressions affichées en rouge en bas de liste. Les nouvelles commandes apt why et apt why-not répondent à des questions qu'on se pose depuis des années sans avoir de réponse simple. C'est le genre d'amélioration dont on se demande pourquoi elle a mis si longtemps.
Il y a aussi des suppressions, et certaines feront grincer des dents. Software & Updates n'est plus préinstallé, ce qui emporte avec lui la gestion facile des drivers propriétaires et des PPAs. L'intégration Google Drive dans Nautilus disparaît. Startup Applications aussi. Ubuntu argumente que ces fonctions ont trouvé des équivalents ailleurs dans le système, et c'est globalement vrai, mais le chemin pour y accéder est parfois moins direct.
La gestion de la charge batterie limitée à 80 % est un ajout dont les portables bénéficieront silencieusement pendant des années (voir un tuto dédié pour préserver la durée de vie de votre batterie sous Linux). Les contrôles de bien-être numérique avec leur suivi du temps d'écran semblent sortir d'un écosystème mobile, ce n'est pas forcément déplacé sur un bureau. Et la division du paquet firmware en 18 sous-paquets spécifiques aux constructeurs réduira le poids des mises à jour sans que personne ne s'en aperçoive vraiment.
Ubuntu 26.04 n'invente rien de radicalement nouveau. Ce qu'elle fait, c'est consolider deux ans de travail en quelque chose de cohérent et de plus soigné que ce qu'était 24.04 à sa sortie.
Bonne lecture !






