Le grand Monopoly de l'IA (où tout le monde triche)

Dans un exercice de créativité financière digne des plus grands films d'arnaque hollywoodiens, les géants de la tech ont découvert une nouvelle application pour l'intelligence artificielle : rendre l'argent fictif aussi crédible que leurs promesses d'atteindre la "super-intelligence".
Le montage est d'une simplicité enfantine. OpenAI, entreprise qui brûle joyeusement plus d'un milliard de dollars par mois, annonce qu'elle va dépenser 200 milliards pour acheter des puces à Nvidia. D'où vient l'argent ? De Nvidia, qui investit 100 milliards dans OpenAI. Le reste ? D'Oracle, qui reçoit 300 milliards d'OpenAI, les donne à Nvidia, qui les renvoie à OpenAI. C'est beau non ?
AMD, ne voulant pas rater la fête, offre généreusement 10% de ses actions (30 milliards) à OpenAI. En échange, OpenAI s'engage à acheter pour 100 milliards de cartes graphiques. Avec quoi ? Eh bien, avec les actions AMD, évidemment ! On emprunte contre elles. C'est comme échanger votre salaire du mois prochain contre la pizza de ce soir, puis utiliser la pizza comme garantie pour le loyer. Logique implacable.
Le plus beau ? C'est parfaitement légal. Enfin, non, techniquement c'est illégal. Le roundtripping est explicitement interdit par la loi américaine. Mais voilà, ces lois ont été écrites pour les petites gens. Quand vous brassez des centaines de milliards et que vous promettez "l'intelligence artificielle générale", les régulateurs deviennent soudainement myopes.
La SEC, cette courageuse institution censée protéger les investisseurs, brille par son absence. Peut-être attendent-ils que les montants passent au trillion avant d'intervenir. Ou peut-être que les futurs emplois dans ces entreprises ont déjà été promis.
Pendant ce temps, les valorisations explosent. OpenAI vaut 50 fois son chiffre d'affaires annuel malgré des marges de -130%. En français : ils perdent 1,30 dollar pour chaque dollar gagné. Dans n'importe quel autre secteur, on appellerait ça "couler". Dans la tech, on appelle ça "disruptif".
Le plan de rentabilité ? Peut-être de la pub. Oui, vous avez bien lu. Ces chatbots qui se veulent neutres et objectifs vont vous recommander des produits sponsorisés. L'éthique a trouvé son prix : quelques milliards pour sauver les meubles.
Elon Musk, jamais en reste, a vidé Tesla de ses talents et technologies pour créer XAI, entreprise concurrente. Maintenant, il propose aux actionnaires de Tesla d'investir dans XAI pour "accéder aux technologies d'IA de pointe". C'est comme si un cambrioleur revenait vous vendre vos propres affaires. Et les fans Tesla applaudissent. Standing ovation.
La beauté de ce système ? Personne n'a l'argent annoncé. Tout est "sur papier", "en discussion", "à venir". Les centaines de milliards circulent comme des fantômes dans des communiqués de presse. Mais qu'importe ! Les actions montent, les valorisations explosent, et tout le monde devient milliardaire. Sur papier.
Deux fins possibles : soit l'IA découvre miraculeusement comment transformer des pertes abyssales en profits faramineux (spoiler : pas en vue), soit le château de cartes s'effondre. D'ici là, profitons du spectacle de la plus grande expérience de pensée magique de l'histoire du capitalisme.
Le futur, c'est maintenant. Et il ressemble étrangement à 2008, mais avec plus de GPUs.





