Le sadisme comme grille de lecture du monde contemporain

Quand Dany-Robert Dufour commence à parler du Marquis de Sade comme "l'ombre dans les Lumières", on sent qu'on ne va pas avoir droit à un cours d'histoire littéraire classique. Et effectivement, cet entretien va beaucoup plus loin qu'une simple analyse d'un auteur sulfureux du 18ème siècle. Ce que propose le philosophe, c'est une radiographie de notre époque à travers le prisme du sadisme, et le résultat est inquiétant.
L'idée centrale est que Sade n'a pas inventé le sadisme, il l'a révélé. Avant lui, il y avait des sadiques, de Néron à Caligula. Mais Sade, enfermé pendant 27 ans, privé de la possibilité de vivre ses pulsions, les a écrites. Des milliers de pages où il détaille méthodiquement cette passion qui consiste à prendre à l'autre, que ce soit son corps ou son être, pour en jouir. L'auteur définit ça avec précision : jouir au sens libidinal et au sens juridique, comme on jouit d'un bien. Cette double dimension est cruciale parce qu'elle permet de comprendre comment le sadisme peut se manifester bien au-delà de la violence sexuelle.
Bon visionnage !






