Les arbres savent des choses que nous oublions

En 2023, 84 milliards de dollars ont été dépensés pour la reforestation et la protection des forêts dans le monde. Cette année, environ 700 milliards iront aux seuls centres de données pour l'IA. Richard Heinberg via son blog nous glisse ce chiffre presque sans appuyer dessus, mais il résume assez bien où en sont nos priorités collectives.
L'article retrace l'histoire longue de notre rapport aux forêts, et c'est une histoire d'abus croissants. Les forêts européennes ont commencé à reculer sérieusement au XVIe siècle, au point de créer une pénurie de bois qui a accéléré l'adoption du charbon. Les forêts de pins des États-Unis du Sud-Est, 38 millions d'hectares d'un seul tenant, ont été rasées en quelques décennies après 1820. La tendance ne s'est pas inversée.
Ce que cet article apporte, au-delà de l'inventaire des dégâts, c'est une description précise de ce que les forêts font physiquement pour stabiliser le climat. Un seul arbre tropical peut évaporer jusqu'à 570 litres d'eau par jour, produisant un effet refroidissant équivalent à deux climatiseurs. À l'échelle d'une forêt entière, on parle de milliards de litres. Couper ces arbres, c'est retirer un mécanisme de régulation thermique dont on commence seulement à mesurer l'ampleur.
L'auteur parle aussi de l'intelligence des arbres, leurs réseaux souterrains de champignons, leurs signaux chimiques, leur capacité à prévenir leurs voisins d'une attaque de parasites. On est loin de l'arbre comme simple réservoir de bois.
Ce renversement de regard est peut-être la chose la plus utile que cet article puisse produire.
Bonne lecture !






