Algorithmes de recommandation : le nouveau pouvoir sans contre-pouvoir

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Jean-Lou Fourquet part d'un constat simple sur Sismique : ce qui fait la force de l'humain, c'est pas l'individu, c'est le groupe. Et ce qui fait le groupe, c'est l'information partagée. Depuis toujours, quiconque tient le récit tient le pouvoir !

Ce qui a changé avec les plateformes, c'est l'échelle et la méthode. TF1 vendait du cerveau disponible à Coca-Cola, comme le disait Étienne Mougeotte en 2004. Facebook, TikTok et YouTube font la même chose, mais avec une précision chirurgicale : chaque flux est désormais unique, calibré non pas sur ce qu'on choisit consciemment, mais sur ce qu'on ne peut pas s'empêcher de regarder.

Ce qui en résulte n'est pas tant une bulle de filtre qu'une radicalisation du regard : on ne voit plus seulement les gens qui pensent comme nous, on voit le pire de ceux qui pensent autrement. La polarisation émotionnelle, comme il l'appelle. Pas partisane. Mercantile.

L'intervenant propose la métaphore du lac : la démocratie a besoin d'un fond commun d'information pour fonctionner. On a investi des milliards dans l'éducation nationale, des milliards dans les médias publics. Et on a laissé les vannes des plateformes, contrôlées par des entités américaines et chinoises, déverser ce qu'elles veulent dans ce lac, avec 46 millions d'euros de budget de régulation pour l'ARCOM face à ça...

La sortie n'est pas que dans l'esprit critique individuel. Elle passe par la régulation politique des vannes elles-mêmes, et par des outils comme Polis ou Tournesol, conçus pour faire remonter les consensus plutôt que les conflits.

Bonne écoute !


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