Surveillance de masse : le piège du « rien à cacher » décrypté

Philippe Hensmans, dans Le Soir, tente courageusement de réveiller une population qui a depuis longtemps troqué sa vie privée contre la possibilité de commander des chaussettes à 2 heures du matin.
« Je n'ai rien à cacher » : le cri de ralliement de ceux qui n'ont jamais été refusés à un emploi parce qu'un algorithme a jugé leurs données « à risque ». Un argument de privilégié, dit Hensmans. Traduisons : un argument de naïf qui n'a pas encore compris que l'innocence est une notion relative quand c'est une machine qui décide.
La reconnaissance faciale se trompe 43 fois plus souvent sur les femmes noires ? Pas grave, répondront les optimistes, ce sont des erreurs « sans intention malveillante ». Comme si l'intention changeait quoi que ce soit quand vous êtes menotté à tort.
Mais le plus beau, c'est l'effet « chilling » : à force d'être surveillés, les citoyens s'autocensurent. Plus besoin de répression, les gens se fliquent eux-mêmes. Efficacité maximale, coût minimal. On n'arrête pas le progrès... mais le progrès, lui, peut vous arrêter.
Bonne lecture !





