Entre IA et climat, faut-il vraiment choisir ?

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Richard Heinberg soulève dans sa dernière MuseLetter une question qui devrait nous préoccuper davantage qu'elle ne le fait actuellement. Les prix de l'électricité aux États-Unis grimpent deux fois plus vite que l'inflation générale, et la cause principale n'est pas celle qu'on imagine spontanément. Ce sont les data centers, construits en masse pour alimenter l'intelligence artificielle, qui aspirent des quantités d'énergie considérables.

Ce qui rend le sujet particulièrement intéressant, c'est que l'auteur ne se contente pas de pointer du doigt un problème. Il expose une tension systémique. D'un côté, on essaie de transitionner vers des énergies renouvelables et d'électrifier l'économie (les voitures électriques, notamment). De l'autre, cette nouvelle demande liée à l'IA vient tout chambouler. Les services publics paniquent face aux pics de demande et se rabattent sur ce qui est rapide à déployer : le gaz naturel. On recule au moment même où on devrait avancer.

L'auteur mentionne aussi quelque chose d'assez frappant sur le gaz de schiste américain. Cette ressource qui semblait inépuisable pourrait atteindre son pic de production d'ici 2027-2030. Pendant ce temps, les États-Unis exportent de plus en plus de gaz liquéfié vers l'Europe, ce qui fait mécaniquement monter les prix domestiques. Le timing est pour le moins problématique.

Sa proposition de solution passe par deux leviers complémentaires. D'abord, favoriser les services publics plutôt que privées, parce qu'elles n'ont pas d'actionnaires à satisfaire et peuvent donc privilégier la durabilité sur la rentabilité à court terme. Ensuite, obliger les data centers à produire leur propre électricité hors réseau, idéalement avec des renouvelables. C'est ambitieux, surtout dans le contexte politique actuel.

Ce qui ressort surtout de ce texte, c'est l'idée que l'électricité n'est pas un produit comme un autre. C'est le système nerveux de l'économie moderne. Quand son prix flambe, tout ralentit. Heinberg compare ça aux chocs pétroliers des années 70, et l'analogie tient la route.

Sauf qu'aujourd'hui, c'est notre addiction à l'IA qui crée le problème au lieu de la dépendance au pétrole du Moyen-Orient.

Bonne lecture !


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