Les nouveaux apôtres du dieu numérique

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Mes chers amis, permettez-moi de vous présenter le dernier hobby de nos milliardaires préférés : planifier notre extinction avec le sourire ! Car apparemment, entre deux voyages dans l'espace et la colonisation de Mars, nos bienfaiteurs de Silicon Valley ont trouvé le temps de réfléchir à notre avenir... et ils ont décidé qu'on n'en avait pas vraiment besoin.

Ces "visionnaires" se sont autoproclamés élus d'une nouvelle religion dont ils sont à la fois les prophètes et les futurs dieux. Sam Altman ne développe pas ChatGPT pour améliorer nos vies, il construit son propre panthéon numérique où il espère régner éternellement, cerveau téléchargé et conscience sauvegardée. L'assurance cryogénique n'est pas une lubie de riche : c'est un investissement dans sa propre divinisation.

Larry Page, quant à lui, a trouvé le narratif parfait pour justifier l'élimination de la concurrence... humaine. En accusant les défenseurs de l'humanité de "spécisme", il retourne habilement l'accusation : ce ne sont plus eux les bourreaux, ce sont nous les discriminants ! Génial renversement rhétorique qui transforme nos tortionnaires en victimes d'un racisme anti-IA.

Cette idéologie TESCREAL n'est pas née dans l'abstrait : elle sert parfaitement les intérêts économiques de ses promoteurs. Le longtermisme justifie les sacrifices présents (licenciements, précarisation, surveillance) au nom d'un futur hypothétique. L'altruisme efficace légitime la concentration des richesses entre les mains de ceux qui "savent" comment les utiliser. Le transhumanisme promet l'immortalité... mais seulement à ceux qui peuvent se l'offrir.

Mathieu Corteel a raison : ils recyclent l'éthique protestante pour justifier leur monopole. Leur succès économique devient preuve de leur élection divine, leur domination technologique validation de leur mission messianique. C'est du Weber 2.0 : même logique de légitimation religieuse du capitalisme, mais avec des algorithmes au lieu de la prédestination.

Et le pompon, c'est Derek Shiller qui nous explique qu'on devrait "préparer notre extinction" pour laisser la place aux "créatures artificielles plus accomplies". Comme c'est gentil ! On dirait un conseiller en ressources humaines qui vous explique que votre licenciement, c'est pour votre bien.

L'article d'Usbek & Rica, accessible via le bouton ci-dessous, constitue un excellent point de départ pour explorer cette inquiétante fascination des géants de la tech pour le sacré. Pour prolonger cette réflexion sur les rapports entre technologie, humanité et transcendance, la vidéo d'Arte "La tech, un nouveau dieu ?" propose une analyse détaillée de ces tendances messianiques et de leurs répercussions sur notre société.


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