Mon avis sur la steamdeck après 2 ans d'utilisation

Cela fait bientôt deux années que je possède une Steam Deck, et je souhaitais depuis longtemps vous faire part de mon expérience avec cette console.
J'ai finalement pu dégager du temps pour coucher mes réflexions sur le papier.
Ce retour ne comportera ni tests de performance ni comparatifs techniques avec d'autres appareils, car tel n'est pas l'objectif de ce témoignage.
Acquisition de la console
J'ai fait l'acquisition de cette console portable d'occasion en juin 2023. Son précédent propriétaire désirait davantage de puissance et s'était donc tourné vers l'Asus ROG Ally qui venait tout juste d'être commercialisée.
Cette transaction s'est avérée particulièrement avantageuse pour votre serviteur. J'ai pu obtenir le modèle haut de gamme au prix de l'entrée de gamme, avec un appareil pratiquement neuf et toujours sous garantie (il n'avait que deux mois d'utilisation).
Steam Deck vs ROG Ally : le choix de Linux
Mon choix s'est porté sur la Steam Deck pour une raison assez simple, je veux encourager Linux dans l'univers du gaming. Valve a abattu un travail considérable avec Proton et l'amélioration de la compatibilité des jeux. Les résultats sont là, le nombre de titres jouables augmente régulièrement et cette console apporte quelque chose de différent sur le marché.
La ROG Ally l'aurait probablement emporté si je m'étais contenté de regarder les specs techniques brutes. Sauf que mes habitudes de jeu ont évolué depuis. Je me suis tourné vers la scène indépendante, qui mise sur autre chose que la surenchère graphique. Des mécaniques de jeu bien pensées, des récits qui marquent, des concepts qui osent sortir des sentiers battus.
Avec le recul, cette obsession qu'on peut avoir pour les performances maximales finit par occulter l'essentiel. Le jeu vidéo demeure un art aux multiples facettes, capable de toucher et de questionner autrement que par ses seuls graphismes. La direction artistique compte énormément, la bande-son aussi. L'immersion dans l'univers, la façon dont on interagit avec le jeu, tout ça fait partie intégrante de l'expérience et c'est tout aussi important.
L'approche plus ouverte de la Steam Deck joue aussi en sa faveur. Je peux bricoler le système comme je veux, sortir du cadre que Steam impose et aller chercher ailleurs ce qui m'intéresse vraiment. Cette flexibilité correspond à ma vision du jeu vidéo comme un espace de liberté, où on devrait pouvoir expérimenter sans se heurter à des barrières artificielles.
Premier contact
Si je la compare avec la Switch OLED, la Steam Deck est plus massive et lourde, ce qui peut constituer un inconvénient pour les enfants ou les personnes ayant des mains de petite taille.
Les mauvaises langues ironiseront sur la Steam Deck, la qualifiant de console "américaine" à cause de ses dimensions dignes d'une superproduction hollywoodienne. Personnellement, cela ne me dérange pas. Au contraire, j'y vois un gage de robustesse par rapport à la console de Nintendo.
Quant au poids, il pourrait devenir problématique lors de longues sessions de jeu. Cependant, je ne joue généralement pas plus de 30 minutes d'affilée, mon temps de loisir étant limité par mes obligations familiales... ce qui n'est finalement pas plus mal.
Concernant l'ergonomie, je la trouve plus confortable que la Switch. La prise en main est plus naturelle selon moi. En revanche, je n'apprécie pas l'alignement horizontal des joysticks. Je préférerais une disposition asymétrique comme sur les manettes Xbox.
Concernant les trackpads, ils sont efficaces lorsqu'ils sont correctement configurés. Valve a su capitaliser sur son expérience acquise avec la Steam Controller, et c'est un véritable atout !
Lors du premier allumage, la procédure de configuration est fluide. Le paramétrage de la connexion Wi-Fi ainsi que l'association de son compte Steam s'effectuent sans difficulté. Valve a réalisé un travail soigné pour éliminer toute friction durant cette phase d'installation initiale.
Une fois l'installation terminée, on accède à l'interface Steam qui se révèle particulièrement épurée et fonctionnelle. Encore une fois, Valve a su tirer parti de son expérience avec le mode Big Picture pour l'adapter efficacement à sa console portable, et le résultat est véritablement réussi !
L'interface est intuitive, bien pensée pour la navigation sur un écran tactile ou avec les contrôles physiques, démontrant l'expertise de Valve dans la conception d'interfaces adaptées aux écrans de salon transposée avec succès au format portable.
L'écran présente une qualité convenable, bien que la variante OLED offre probablement un meilleur rendu visuel. En comparaison avec l'écran de ma Nintendo Switch OLED, ma Steam Deck LCD présente un rendu moins satisfaisant.
En définitive, bien que la Steam Deck présente certains inconvénients principalement liés à ses dimensions et son poids, elle procure une expérience globalement satisfaisante pour l'utilisateur. Il reste néanmoins essentiel de prendre en compte ces aspects physiques avant de procéder à son acquisition.
Le mode bureau sous GNU/Linux
SteamOS, distribution Linux fondée sur Arch, a été spécifiquement développée pour équiper la Steam Deck (mais depuis peu, d'autres consoles portables seront gérées).
Avec son mode bureau, la Steam Deck sort de son cadre traditionnel de console de jeu pour s'ériger en ordinateur portable miniature offrant de nombreuses applications.
Néanmoins, pour exploiter pleinement ce potentiel, il est généralement recommandé de connecter des périphériques externes (comme un clavier ou une souris) et de posséder quelques notions de base sur les systèmes Linux.
En ce qui me concerne, je suis un fan de ce mode bureau qui m'a donné l'occasion de renouer avec l'environnement KDE, lequel me convient parfaitement !
Anecdote intéressante : j'ai récemment expérimenté Fedora 41 intégrant KDE et j'ai été totalement séduit. Je projette d'ailleurs de publier un article à ce sujet prochainement (mais si je m'aligne sur le fameux "valve time", cela pourrait bien se transformer en années d'attente 🙃)
Mon expérience de joueur : deux ans plus tard
Ce volet est probablement le plus précieux du dossier, car si les analyses techniques détaillées abondent au moment de la sortie, les témoignages basés sur une longue période d'utilisation sont nettement moins courants.
Mon expérience personnelle totalise approximativement 200 à 250 heures sur cet appareil durant ces deux années, avec uniquement 1 ou 2 plantages constatés (essentiellement lors des premiers mois d'utilisation, de ce que je me souviens).
Je dois reconnaître que ma collection de consoles est loin d'être raisonnable : une Switch OLED, des PlayStation 4 et 5, un PC gaming et ma Steam Deck... un véritable désastre environnemental. Paradoxalement, malgré tout cet arsenal gaming, mes sessions de jeu restent rares, principalement faute de temps disponible, mais pas uniquement.
Dans ce contexte, la Steam Deck monopolise le peu de moments que je consacre au jeu, et ce pour plusieurs raisons :
- Elle convient parfaitement aux jeux indépendants qui constituent l'essentiel de ma ludothèque sur Steam
- Le lancement instantané et la mise en veille facilitée permettent des sessions courtes et spontanées
- La portabilité me permet de m'éclipser discrètement quand j'ai besoin de m'isoler
Cette situation illustre bien l'ironie de posséder de multiples plateformes performantes qui finissent par être délaissées au profit d'une seule machine plus modeste, finalement plus adaptée à mon rythme de vie.
Compatibilité des jeux
Concernant les jeux auxquels j'ai pu jouer (une vingtaine), je n'ai rencontré aucun souci de compatibilité avec Linux, mais il faut nuancer ce constat : la majorité de mes titres bénéficiaient déjà de la certification Steam Deck.
Cette question mérite néanmoins d'être prise au sérieux. Bien que le catalogue de jeux compatibles s'étende quotidiennement, vous risquez de vous heurter à des problèmes de compatibilité, particulièrement avec les jeux compétitifs. Ces derniers intègrent souvent des systèmes anti-triche fonctionnant au niveau du noyau système, qui se révèlent généralement incompatibles avec l'environnement Linux (pour plus de détails, consultez les articles recommandés ci-dessous).
Il convient donc de vérifier la compatibilité de vos jeux favoris avant tout achat, surtout si vous êtes amateur de titres multijoueurs compétitifs.
Support des jeux triple A
La Steam Deck offre des performances équivalentes à celles d'une PS4, ce qui constitue un exploit technique remarquable pour 2022 : concentrer une telle puissance dans un format si compact relève de la prouesse.
Elle parvient ainsi à faire fonctionner la majorité des productions AAA, même si les titres les plus récents nécessitent des compromis au niveau de la qualité graphique. Comme mentionné précédemment, la Steam Deck n'est plus la référence absolue en matière de console portable au niveau des performances, d'autres modèles proposant désormais des configurations matérielles supérieures. Pour être transparent, mes tests sur des AAA plus anciens comme The Witcher 3, Red Dead Redemption 2 ou Batman ont donné des résultats convaincants.
En revanche, face aux productions AAA contemporaines, la console atteint ses limites physiques, malgré les optimisations logicielles continues de Valve (mises à jour du noyau Linux, évolutions du FSR...).
Sur ce point, je recommande de tempérer ses attentes concernant les performances brutes et l'ambition de jouer aux derniers blockbusters : gardez bien à l'esprit les contraintes de cette machine. Personnellement, j'avais pleinement conscience de ces limitations, privilégiant les jeux indépendants sur ce support tout en réservant les AAA à mon installation grand écran.
Support logiciel de Valve
Valve fait preuve d'exemplarité sur cet aspect. L'entreprise poursuit ses efforts d'optimisation logicielle sur plusieurs fronts :
- Évolution du système d'exploitation et de son écosystème (MESA, Bluetooth, Wi-Fi...)
- Perfectionnement du client Steam avec ses fonctionnalités dédiées
- Développement de Proton pour étendre la compatibilité avec les jeux Windows
Cette approche de support à long terme témoigne de l'engagement durable de Valve envers l'écosystème Steam Deck. À la différence d'Asus, Lenovo ou MSI, Valve ne se positionne pas comme un constructeur hardware traditionnel. Son expertise se concentre sur le développement logiciel, secteur dans lequel elle démontre une réelle compétence.
Bien que perfectible, SteamOS affiche aujourd'hui une stabilité bien supérieure à celle de son lancement initial (contrairement à certains autres OS récents). Valve privilégie une stratégie patiente pour sa seconde génération, alors que les fabricants évoqués plus tôt enchaînent déjà les lancements successifs... privilégiant clairement la cadence commerciale à la maturation produit.
Durant ces deux années, aucune des mises à jour déployées ne m'a causé le moindre souci technique.
Autonomie et recharge
L'autonomie varie considérablement selon le type de jeu pratiqué. Les titres indépendants peu exigeants graphiquement permettent d'atteindre 4 à 5 heures de jeu, tandis qu'un AAA récent peut épuiser la batterie en seulement 1h30.
L'atout majeur de la Steam Deck réside dans son système de profils personnalisables par titre, permettant d'ajuster finement la puissance du processeur et du GPU. Cette fonctionnalité offre des gains d'autonomie substantiels sur de nombreux jeux. D'ailleurs, le rapport qualité d'affichage/consommation énergétique de la Steam Deck force l'admiration.
Au niveau de la recharge, Valve a poussé récemment une mise à jour qui permet de limiter la charge à 80 % par exemple afin de préserver la durée de vie de la batterie.
Pour conclure
Faut-il encore craquer pour une Steam Deck en 2025 ? La question mérite mieux qu'un simple oui ou non. Tout dépend de vos attentes, de votre catalogue de jeux, de votre rapport à la performance brute.
Pour ceux dont le quotidien se résume à Apex Legends, Call of Duty ou League of Legends, avec leurs anti-cheats qui opèrent directement au niveau système, mieux vaut être honnête d'entrée : vous allez rencontrer des problèmes avec la Steam Deck. Ces protections kernel refusent catégoriquement de fonctionner sous Linux, et Valve n'y peut strictement rien. C'est aux éditeurs de faire le nécessaire pour rendre leurs jeux compatibles. Même constat si vous rêvez de faire tourner Cyberpunk 2077 ou Starfield en ultra avec du ray tracing activé de partout. Là, la réalité technique va vous ramener sur terre assez vite.
Maintenant, si vous êtes plutôt du genre à passer l'essentiel de votre temps sur des jeux indépendants, la donne change complètement. La Steam Deck demeure un excellent choix dans ce cas précis. Elle reste accessible au niveau budget et amplement suffisante pour faire tourner ce type de titres sans broncher.
En ce qui me concerne, et ça se ressent probablement à travers cet article, mon bilan personnel est vraiment positif. La console est devenue mon support favori pour jouer. Un truc que je n'aurais franchement pas parié au moment où je l'ai achetée. Ce que j'attends désormais de Valve, c'est surtout qu'ils poursuivent leurs efforts sur l'OS et tout l'aspect logiciel de la machine. Il reste du potentiel à exploiter en matière d'optimisation, des performances à gratter par-ci par-là. Et chaque amélioration qu'ils apportent repousse d'autant la nécessité de sortir une Steam Deck 2.
Beaucoup de joueurs espèrent l'arrivée rapide d'une Steam Deck 2. Ils veulent que Valve rejoigne cette course un peu folle que se livrent tous les autres constructeurs. Moi, je pense exactement le contraire. Il serait temps de lever le pied, ne serait-ce que pour éviter ce gaspillage permanent de ressources qui devient problématique. Ce qui m'attriste particulièrement, c'est cette tendance qu'ont certains fabricants à balancer des nouvelles machines trop fréquemment, avec des optimisations qui laissent souvent à désirer, et des tarifs qui traitent les joueurs comme des distributeurs automatiques de billets.
✓Points positifs
Le rapport qualité / prix
L'autonomie
L'optimisation et le suivi de SteamOS et des logiciels
Jouer sur Linux
Le mode bureau qui permet d'utiliser la console comme un ordinateur portable
✗Points négatifs
Le poids et les dimensions de la machine
La taille de l'écran
La plupart des jeux compétitifs non supportés
Le manque de performance sur les derniers jeux triple A
Pour aller plus loin avec la Steam Deck
Une chaîne dédiée aux consoles portables (anciennement Puissance steamdeck) : Take2Play
Mon avis sur la Steam Deck par Gwên : https://www.youtube.com/watch?v=rOaacUlsdrQ






